Journée de boulot – Soirée

L’avantage d’un clou planté dans le pied, c’est que quand on l’enlève, ça fait beaucoup de bien. Sortir du travail, c’est un peu ça. Je n’attends pas forcément grand-chose de ma soirée, mais je sais que je n’ai plus mal. Vu sous ce prisme, tout devient irraisonnablement chouette: rentrer à la maison pour s’asseoir seul devant des pâtes réchauffées provoque un enthousiasme démesuré.

N’importe quoi fait l’affaire, l’important c’est que ça dure. Il faut sentir le temps passer, profiter de ces quelques heures où l’estomac est à nouveau léger et les émotions en berne. Surtout ne pas voir des gens que j’aime ou faire la fête trop intensément: ça c’est bon pour les week-ends, là où les heures sont plus grandes. Les petites heures, il faut bien les regarder pour ne pas les laisser filer.

Lorsque viennent les yeux qui piquent et le corps qui pèse, je négocie les minutes comme avec mes parents : encore la fin du film, juste ce niveau, allez cette page et c’est fini. Puisque personne ne vérifie que je tiens mes engagements, je triche jusqu’à tard. Je triche jusqu’à ce que le sommeil gagne. Rarement dans mon lit. Souvent sur le canapé. La télé ou l’ordinateur ouvert sur une vidéo qui parlera seule jusqu’au petit matin…

Ta journée de travail, en réalité,
elle n’est jamais vraiment terminée.
Le « Il est 18h, c’est bon, j’ai fini »,
c’est plus tellement ta vie.

A la frontière entre vie privée,
sociale et professionnelle,
il n’y a plus de douaniers
et c’est une bonne nouvelle.

Le soir, quand tu vas te coucher,
t’es fatigué mais pas déprimé.
Comme tu l’as été, tu te souviens?
T’allais vraiment pas très bien!

Depuis, t’as quitté ce travail
et t’as décidé de créer le tien.
C’est un bonheur et un défi de taille
que tu vis et relèves au quotidien.

Elles ont bien changé,
tes journées d’boulot…
Et arrête de philosopher,
c’est l’heure du dodo!

Textes : Sandro Dall’AglioNoémie Pétremand
Photos et vidéos : Dominique Green

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