Quel coquin ce coucou!

Il était une fois un petit coucou
tout joli, tout gris, tout doux.
Il avait longtemps volé pour arriver ici
dans l’espoir d’y trouver un nid.

Ici, pour lui, c’était un monde nouveau :
mais qu’est-ce que c’était beau !
Il y avait des lacs bleutés, des jolies rivières,
des montagnes, des champs, des arbres verts.

Il en était sûr, il allait trouver un nid !
Mais il avait, certes, un petit souci…
Ce coquin de coucou n’avait pas envie
de travailler et de le construire lui.

Ça prenait du temps ; il voulait se reposer.
Et ses jolies plumes ? Il allait les abîmer !
Et ses jolies ailes ? Elles seraient fatiguées !
Non ! Il fallait qu’il trouve une autre idée.

En regardant le paysage autour de lui,
il vit un tout, tout petit nid,
fait de paille et de plumes douillettes.
Il semblait inhabité : chouette !

L’oiseau gris y serait un peu à l’étroit
mais ce n’était pas grave : il s’y installa.
Il était si bien qu’il allait s’endormir là
quand un tout, tout petit cri, le réveilla.

« Tchip! Tchip! Que fais-tu donc ici ?
Va-t’en tout de suite, c’est mon nid ! »
Le tout, tout petit moineau devant lui
semblait très en colère contre lui.

« Coucou ! Oh pardon, désolé !
Bien sûr, je vais m’en aller ! »
Il quitta le nid et s’envola d’un coup.
Quel coquin ce coucou !

En plein vol, il aperçut une maison.
Sous son toit, il y avait un nid tout rond
construit avec de la terre mouillée.
Personne ! Il pouvait y entrer.

A l’intérieur, il faisait un peu noir :
il eut peur de faire des cauchemars.
Mais au moins, il serait bien protégé.
Il s’installa et regarda la nuit tomber.

Quand soudain, il vit un oiseau approcher :
il volait très vite, avec beaucoup de légèreté.
« Cui-cui ! Que fais-tu donc ici ?
Va-t’en tout de suite, c’est mon nid ! »

A petits coups de becs, l’hirondelle le chassa
et le coucou n’eut pas le choix : il s’en alla.
Zut ! Il avait encore raté son coup !
Quel coquin ce coucou !

Il descendit au bord d’une rivière,
pour prendre un bain d’eau et de terre.
Sur la rive, il y avait un grand nid
fait de roseaux, de bois et de brindilles.

« C’est exactement ce qu’il me faut ! »
pensa le coucou tout haut.
Il s’approcha très discrètement.
Aucun oiseau n’était dedans.

Mais voilà que retentit au loin,
un cri bien étrange : « Coin-coin !
Que fais-tu dans le coin ? Va-t’en !
C’est mon nid et celui de mes enfants ! »

Le canard avait beau être tout coloré,
son regard était noir et ses yeux fâchés.
Il devait s’en aller… Il fit la moue.
Quel coquin ce coucou !

Au sommet d’un arbre, triste et fatigué,
le coucou se mit doucement à pleurer.
Ainsi donc, tous les nids étaient habités ?
Il baissa les ailes : il ne trouverait jamais!

Dans le tronc de l’arbre, il y avait un trou
duquel sortit alors un appel : « Hou-hou !
Entre seulement ! Bienvenue chez nous !
Tu as l’air bien en souci, petit coucou ! »

Un battement d’ailes plus tard
arriva un autre oiseau rare.
« Coco ! Désolée je suis en retard !
On a de la visite ce soir ? »

Le coucou ouvrit tout grand les yeux :
un hibou et une perroquet amoureux !?
« Oui, on est un couple un peu atypique :
on s’est connus en voyage sous les tropiques.
Mais toi, que fais-tu là petit coucou ?
Allez dis-nous, raconte-nous tout ! »

A la fin de son récit, la perroquet lui dit :
« Tu vas trouver ton nid mon coco ! Souris ! »
Tandis que le sage hibou lui conseilla
de se rendre au village, pas loin de là.

Un horloger y créait des chalets en bois :
peut-être pourrait-il y vivre quelques mois ?
Emu, le coucou les remercia mille fois,
sourit, leur fit un bec et s’envola.

Il parcourut le village, sous le ciel étoilé,
jusqu’à trouver l’atelier de l’horloger.
Comme la fenêtre était ouverte, il entra.
Quel bric-à-brac il y avait là !

Des meubles, du bois, des outils
s’entassaient partout à l’infini.
On ne savait plus où mettre les pieds !
Heureusement qu’il pouvait voler…

Au mur était en effet soigneusement accroché
l’un des petits chalets dont on lui avait parlé.
Dans son toit était creusée une petite cavité
pile à sa taille ! Son nid, il l’avait enfin trouvé !

Il se lova alors confortablement dans son cœur.
Ça faisait Tic-Tac et Ding-Dong toutes les heures.
Il eut alors envie de chanter et de danser !
C’est ce qu’il fit et cela plut beaucoup à l’horloger
qui lui dit : « Tu es chez toi ici, tu peux rester! »
Quel coquin ce coucou ! Il avait son nid désormais…

Illustration Fabrice Joly

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