Journée de boulot – Réveil

Cinq secondes. Quand j’ouvre les yeux, c’est le temps exact que me laissent mes entrailles avant de se nouer. Ça me fait une petite boule de billard juste au-dessous du plexus. La noire, celle qui te fait perdre la partie quand tu la sors de la table. Faut pas s’étonner que je mette tant de temps à me lever, ça pèse son poids cette petite chose-là.

Je jette toujours les jambes en premier. Le contact avec le sol m’assure de rester éveillé tout en laissant au reste de mon corps allongé la sensation que la nuit n’est pas tout à fait finie. Le froid de la chambre finit toujours par me pousser vers la salle de bain. Je n’ai pas mis le pied sous la douche que je lutte déjà avec ma journée. Mes dossiers en suspens se disputent déjà le désintérêt que je vais avoir à les boucler.

Les premières gouttes – toujours trop froides – les chassent pour un temps. Invariablement, ils ressurgissent derrière ma brosse à dent, autour du sèche-cheveux ou dans mon bol de céréales que je ne mange pas. Quand je passe le pas de ma porte, je me donne du courage en imaginant le trajet inverse dans une dizaine d’heures. Ce n’est pas si long et je ne suis pas le seul, non?

Esprit reposé, aucune insomnie
n’est venue troubler ta nuit.
Sourire aux lèvres, cœur léger,
tu commences ta journée.

Un agréable chatouilli dans le ventre,
un rayon de soleil qui entre,
discrètement, au travers des volets.
La journée s’annonce gaie.

Tu prends une grande inspiration,
tu sautes de ton lit et sur l’occasion
que tu as si souvent rêvée
de te consacrer à tes projets.

P’tit déj’ avalé, douche expédiée,
tu te dépêches, t’as rendez-vous.
Le temps semble s’accélérer:
ce n’est pas désagréable du tout.

T’es pressé, mais pas comme un citron.
En fait, t’es tout simplement impatient,
plein d’enthousiasme et d’excitation,
à te rendre là où on t’attend vraiment :
pas pour exécuter, t’efforcer, t’effacer
mais pour penser, agir et créer.

Textes : Sandro Dall’AglioNoémie Pétremand
Photos et vidéos : Dominique Green

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