Journée de boulot – Transports

La chaleur. Après l’attente dans le froid, la chaleur du bus assouplit quelque peu mon envie de rebrousser chemin. Le plaisir est de courte durée car l’humidité s’invite à la fête : parapluies mouillés, manteaux humides, chaussures trempées, regards noyés… Fort heureusement, ma musique me préserve du bruit de cette promiscuité.

Je me glisse à une place libre, près de la fenêtre, pour que je puisse relever mes jambes près de mon corps et jeter mon regard vers l’extérieur. J’ai toujours aimé le bus et le train, cette sensation d’avancer en restant sur place m’apaise. Ça me change de ce qui m’attend.

En chemin, tu es calme, heureux.
Il pleut, magnifique.
Le soleil brille, fantastique.
Tout est pour le mieux.

Le paysage défile devant tes yeux
et tu te mets à rêvasser un peu:
t’as plein d’idées et d’envies
qui relèvent toutes du génie.
Ton unique problème va résider
dans le fait de les prioriser!

La musique court dans mes oreilles. Je tente de ralentir le temps: je découpe méthodiquement mon trajet en morceaux pour savourer chaque arrêt à sa juste valeur. A chacun d’entre eux, de nouveaux dossiers ou de nouvelles craintes s’invitent à bord, si bien que j’arrive à destination considérablement alourdi.

Tout est simple, t’es reconnaissant
mais aussi un tantinet méfiant :
ça n’cache pas quelque chose
quand c’est trop rose?

La petite vieille d’en face te sourit
et te tire soudainement de ta rêverie
« Quoi, déjà mon arrêt? » En effet,
t’as tout vu, sauf le temps qui passait.

Textes : Sandro Dall’AglioNoémie Pétremand
Photos et vidéos : Dominique Green

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