La Vouivre du Léman

Ce jour-là, deux jeunes enfants
jouaient au bord du Lac Léman : 
Maëlle, intrépide aventurière
et Jeannot, chevalier téméraire.

Très occupés à chercher un trésor
(un coffre rempli de pièces d’or),
ils exploraient tous les recoins
d’une jolie plage quand soudain,
juste là, au milieu des galets,
ils virent que l’un d’eux brillait. 

Intrigués, ils s’approchèrent
de cette source de lumière
et découvrirent un diamant
aux reflets bleus et blancs.

« Waow ! Comme c’est beau ! »
s’exclama Maëlle tout haut. 
« Ca me rappelle une histoire…
répondit Jeannot. Fais voir ! »

Le garçon saisit le diamant
et le pointa vers le soleil. 
Il était quasi transparent :
une véritable merveille.

« Il parait que dans la région
vit une femme-serpent-dragon,
une vouivre de son petit nom.
On dit qu’elle porte sur le front,
un diamant sans comparaison
qu’elle n’enlève qu’à une occasion :
lors de ses bains dans l’eau claire
de nos lacs, étangs et rivières. 
Il parait que ce joyau offrirait
richesse à qui le possèderait :
c’est pourquoi l’homme a tenté
maintes fois de le lui dérober. 
Et le voilà là, entre nos mains !
Chut ! Elle ne doit pas être loin… »

Et sur ce, confirmant ses dires,
de l’eau, ils virent bientôt sortir
des crocs, des énormes yeux,
des ailes et une longue queue. 

Terrorisés, les enfants reculèrent
et se cachèrent derrière un rocher.
La vouivre, elle, mit patte à terre
et s’ébroua fort pour se sécher. 

Puis, elle se mit à chercher
sa pierre précieuse adorée : 
« Ca alors ! Je suis sûre
de l’avoir laissée par ici !
Mmmh… Et si d’aventure,
quelqu’un me l’avait pris ? »

Elle s’arrêta donc et écouta
tandis que non loin de là,
les enfants, dans leur cachette,
contenaient leur tremblette.

« Vite ! Courons ! » dit le garçon.
« Il n’en est pas question ! Non ! 
Cette pierre n’est pas à nous : 
on la rend, un point c’est tout !» 
répondit Maëlle résolument
en récupérant le diamant.

Et malgré les cris de Jeannot,
elle se leva et dit tout haut : 
« Madame, vous cherchez ceci ? 
On vient de le trouver par ici… »

On vit alors une colonne de feu
et la créature surgit près d’eux. 
Ses yeux étaient rouges cendrés :
elle semblait prête à les attaquer. 

La jeune fille s’agenouilla,
le diamant à bout de bras,
et l’animal mythique, méfiant,
s’adressa aux deux enfants. 

« Vous auriez pu me le prendre
et vous venez me le rendre ?
Votre cœur est bon et grand.
Je vous remercie infiniment. »

Sous l’œil admiratif de Jeannot,
elle remit, sur son front, le joyau : 
« Vous existez vraiment ? Waow !
Incroyable ! Je n’en reviens pas ! »

La vouivre leur sourit, rougit
et sur un ton joyeux leur dit : 
« Si l’on a pu m’imaginer,
c’est que je dois exister ! »

Et sur ces mots, la très belle
ouvrit bien grand ses ailes
et, sous une pluie d’étincelles,
s’envola haut dans le ciel.

Quant à Maëlle et Jeannot,
ils restèrent là, bouche bée, 
immobiles au bord de l’eau,
en la regardant s’éloigner.

Puis leurs regards se croisèrent,
leurs visages s’éclairèrent
et tous deux explosèrent 
d’une joie toute particulière :
ils n’avaient certes pas trouvé 
de coffre rempli de pièces d’or
mais pourtant bien terminé
… leur chasse au trésor ! 

Texte Noémie Pétremand
Illustration Cendrine Davesne

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