Martin, le pêcheur

Il était une fois, au bord d’un lac,
un pêcheur du nom de Martin.
Chaque jour, depuis sa barque,
il pêchait selon ses besoins.

Son credo ? Ni plus, ni moins.
Car le pêcheur savait bien
que ce puits-là était loin,
très loin d’être sans fin !

C’était un homme sauvage :
on le voyait peu au village.

Aux conversations des gens,
il préférait bien souvent
la danse des roseaux,
la beauté des cygnes,
la sérénité de l’eau,
le reflet de ses lignes…

Des visites, il en avait peu.
Sa voisine, un jour sur deux
qui, pour voir s’il allait bien,
lui apportait un peu de pain.

Ce soir-là, c’était la tempête !
Martin, dans sa maisonnette,
inquiet, pensait aux roseaux,
aux cygnes, aux lignes, à l’eau.

Comment allait-il les retrouver ?
Certains étaient-ils en danger ?

Et voilà qu’à cet instant précis,
un éclair zébra dans la nuit.
La foudre, alors, s’abbatit,
juste là… ici… sur son logis !

Il y eut des roseaux brisés,
des cygnes très apeurés,
des eaux bien remuées,
des lignes entortillées…

Puis l’orage s’éloigna
et le calme refit sa loi.

Ce ne fut que le lendemain
que la voisine de Martin
vit que la foudre était tombée là,
sur sa petite cabane en bois.

Elle courut vite voir les dégâts
et trouva la maison de Martin
dans un bien piteux état.
« Martin ! Ca va ? Martin !!! »

Martin ne répondit pas
mais un oiseau chanta.

Elle se décida donc à entrer,
mit la main sur la poignée,
eut juste le temps d’ouvrir
très grand la porte d’entrée
pour – ébahie –  en voir sortir
un bel oiseau très coloré…

… doré comme les roseaux,
bleuté comme l’eau,
blanc comme les cygnes,
turquoise entre les lignes !

« Ca alors ! Je ne t’ai jamais vu !
Mais dis-moi, d’où viens-tu ? »
L’oiseau ne répondit pas,
battit des ailes et s’envola.

Intriguée, elle le suivit
et c’est alors qu’elle le vit
plonger en flèche dans l’eau,
et pêcher entre les roseaux
selon ses besoins,
ni plus, ni moins !

La voisine le reconnut
et pleura de bonheur !
Et c’est ainsi qu’apparut
le premier Martin-Pêcheur…

Illustration : Maud Oïhénart
Texte : Noémie Pétremand

2 réflexions sur “Martin, le pêcheur

Laisser un commentaire